Lovian Partie 5
26/10/2009
La Septième vie de Lovian
Partie 5
« Satisfaite? » interroge Amiel.
« Je ne comprends pas. Quelle place j’occupe dans toute cette histoire? Pourquoi ne lui as-tu pas repris ce qui t’appartient? Et pourquoi je… »
L’ange se dirige vers la fenêtre et, en passant devant la porte, il l’ouvre en claquant des doigts. il se tourne vers Marianne en lui parlant sur un ton plus sérieux :
« Tu as quelque chose qui m’appartient…Guillaume de Beaulac. »
« Quoi? Tu veux dire que Guillaume est ici? Avec nous, à cette seconde même où nous parlons? » lance Marianne, étonnée et mystifiée.
« Tu n’as rien compris! Toi, Marianne Joleen, tu es l’âme de Guillaume! Tu es l’âme de celui qui m’a enlevé, il y a deux siècles, le Sceau de l’Éternité. Seule la main du voleur peut me redonner l’objet sacré…
Seule ta main, Marianne, peut me redonner ce qui m’a été subtilisé. Il aura fallu que l’âme de Lovian revienne sept fois avant de te retrouver et pouvoir reprendre possession de ce qui est à moi. »
« C’est très clair…oui, vraiment très clair maintenant. Mais, sans vouloir t’offenser, je n’ai pas ton sceau extraordinaire et je ne crois pas aux histoires de réincarnations,» ose timidement Marianne qui retient un peu son souffle, paralysée par cette conversation au-delà du réel.
« Et pourtant, tu crois aux anges! Le Sceau, tu l’as dans tes mains, là, maintenant, » explique posément le saint gardien en s’approchant et appuyant ses deux mains sur le bord du lit.
« Le porte bonheur de Gil? Ce truc bizarre est à toi, » rigole Marianne en brandissant l’objet de verre sous son nez.
« Ce truc bizarre, comme tu l’appelles, s’avère être l’une des Clefs Célestes les plus puissantes de l’Univers. Il ne faut pas faire la même erreur que la première fois. Je te demande, Marianne, de bien vouloir me remettre le Sceau Éternel. »
Fixant les yeux bleus merveilleux d’Amiel, Marianne accueille la main droite de l’ange dans sa main gauche et lui remet solennellement de son autre main, le trésor immense tant recherché.
Une puissante énergie lumineuse englobe tout le corps d’Amiel dès que sa main entre en contact avec le joyau. Marianne se cache sous les draps, pétrifiée par tant de puissance. Un grand éclat lumineux, brillant comme l’éclair, emplit la pièce, emportant avec lui, l’ange reconnaissant.
Une soignante entre en trombe, en examinant partout dans la chambre :
« Que se passe-t-il? Vous avez vu cette lumière?
Marianne, glissée complètement sous les couvertures, surgit comme un chat apeuré :
Moi? Je n’ai rien vu! Je…je dormais! »
Aucune réponse, ni de boutades sarcastiques et pas de rires taquins. S’approchant de la fenêtre, Marianne regarde vers le ciel. Le soleil vient de plonger derrière l’horizon, laissant toute la place aux étoiles :
« Tu vas me manquer, » soupire-t-elle, le cœur triste. « Je commençais juste à m’habituer à toi! »
« Et moi, je ne suis pas certain de pouvoir m’habituer à toi! » intervient une voix masculine qu’elle connaît bien. En se retournant, Marianne fit face à une autre surprise :
« Amiel! Tes cheveux! Ils sont tous blancs et on dirait, ma foi, qu’ils ont des reflets dorés! »
« Si tu es sage, je te donnerai peut-être le nom de mon coiffeur! »
« Amiel! Une question me brûle les lèvres… Si je suis l’âme de Guillaume, qui est celle de Lovian? Tu disais qu’elle était revenue une septième fois!
« Ah ça, tu vas le découvrir assez tôt! » affirme l’ange qui se fond dans l’infini, les bras croisés sur son cœur et riant à gorge déployée.
Une minute plus tard, un médecin apparaît dans l’embrasure de la porte tenant en main un dossier et une paire de lunettes :
« Madame Joleen? Je viens de signer votre congé de l’hôpital. Tout va bien pour vous et ne vous inquiétez pas, votre enfant n’aura aucune séquelle suite à votre accident aujourd’hui. Vous avez beaucoup de chance! »
« Mon…mon enfant? Docteur, ce sont bien vos mots! Vous avez dit…mon enfant? Mais, c’est sûrement une erreur! Je n’ai pas d’enfant!»
« Oui, oui, absolument! » insiste le médecin. « Selon votre dossier, les tests le confirment, vous êtes enceinte de trois mois! Vous allez être maman aux alentours du sept décembre prochain! Vous ne le saviez vraiment pas?»
Marianne s’approche du calendrier et hoche la tête en apercevant de nouveau la date encerclée à l’encre rouge.
Elle creuse dans sa mémoire, cherchant les évènements dans sa vie ayant eu lieu fin mars ou début avril particulièrement.
Elle écarquilla soudainement les yeux en emprisonnant dans sa bouche avec ses deux mains un « Oh! Mon Dieu! » fort éloquent :
« Alcool-Zéro! Oui, bien sûr! C’est Gil! »
Fin
Merci d'avoir lu cette histoire!
Lise Anne
Tags : Roman fiction
Catégorie :
Poésie
Lovian (Partie 4)
26/10/2009
La Septième vie de Lovian
Partie 4
« Madame Joleen, êtes vous avec nous? »
Marianne gémit un peu et mâchonne une réplique imperceptible.
« Elle se réveille, » dit une infirmière. « Appelez Gil et dites-lui qu’elle est revenue dans le monde des vivants! »
Une délicieuse odeur de café eut raison de la somnolence de Marianne qui ouvrit sur le champ les yeux, en reconnaissant le parfum exquis de la caféine. Un regard à gauche lui dévoile un grand mur blanc.
Un long calendrier affichant les douze mois de l’année 2009 y est accroché, sur lequel est encerclé, en rouge, la date spécifique du sept décembre. Un autre coup d’œil à droite lui fait découvrir une fenêtre mi-ouverte, par laquelle se faufilent les rayons d’un soleil couchant rouge orangé.
Elle pense en elle-même qu’elle vient de faire un horrible cauchemar. Alors qu’elle tente d’analyser cette situation déconcertante, elle sursaute en voyant un homme appuyé dans l’encadrement de la porte :
« Bienvenue au Centre Hospitalier Éterna! » L’inconnu s’approche et lui tend la main, en se présentant :
« Mon nom est Gil Lovian et vous l’avez sûrement deviné, d’après mes vêtements, je suis brancardier. Et je suis aussi bénévole pour effectuer les accompagnements à la maison pour Alcool-Zéro! »
« Ah, c’est vous qui m’avez transportée jusqu’ici! Merci! » sourit-elle.
« En fait, pour être franc, j’étais au volant de l’ambulance qui a écrabouillé votre auto, » dit l’ambulancier, un peu gêné. Marianne est estomaquée :
« C’était vous? Alors tout ça est réel? Et pas la moindre petite égratignure! Ni sur vous et sur moi»
« C’est effectivement un miracle de constater que vous n’avez rien également! Y a un ange qui vous protège, sûrement! Mais voici, pour me faire pardonner cette maladresse, je vous offre un porte bonheur.
Je le garde sur moi depuis le jour où l’on m’a retrouvé devant cet hôpital, bien emmailloté dans un panier d’osier. Cette parure était à mon cou…un souvenir d’un parent éloigné, je suppose, ou bien de ma mère qui m’a abandonné et que je n’ai jamais connue.»
Gil sorti de la poche intérieure de sa veste une chaînette en or au bout de laquelle se balançait un ornement en verre dont la forme rappelle bizarrement le chiffre huit inversé.
« Prenez-le, il est à vous maintenant. J’en ai plus besoin car ma véritable chance, aujourd’hui, c’est que vous ayez survécu à cet accident que j’ai causé, absolument contre ma volonté. C’est curieux mais, j’ai l’impression de vous connaître! » insiste Gil en souriant.
« Je…Je ne sais pas! » hésite Marianne.
« Le travail m’appelle! Gardez ce bijou près de votre cœur, je suis certain qu’il vous portera bonheur! Qui sait, nous nous reverrons un jour, peut-être. »
Marianne éclate en sanglot en tenant fermement ce curieux ornement aux formes insolites :
« Mais pourquoi ai-je autant de chagrin tout à coup? » s’inquiète-t-elle en posant les deux mains sur son cœur.
« Moi, je connais la réponse! » propose une voix qui lui est familière. Devant le lit, se tient, droit comme un chêne, la divinité mystérieuse qui lui a fait expérimenter la pire journée de toute sa vie.
« Amiel ? Ah! Toi…toi…je…je…» balbutie-t-elle en le pointant orageusement du doigts.
Je comprends, l’heure est aux explications! » taquine l’ange sur un ton espiègle. « D’accord, tu as droit de savoir et comprendre. Donnes moi ta main et fermes les yeux »
Sans dire un mot, Marianne tend alors ses doigts en fermant les yeux. Amiel étrangle une envie folle de rire et, tenant la main offerte, lui transmet par la pensée des images d’une époque passée.
Des tableaux vivants et imagés, angoissent et inondent l’esprit de Marianne qui visualise la chute de Guillaume au pied d’une pente escarpée, l’assurant d’une mort certaine. Elle devient témoin du vol du Sceau Éternel et de son pouvoir, la mort de Lovian, sa rencontre avec Amiel et le plus terrifiant, l’accident qui a bouleversé sa vie.
Lorsque l’ange desserre l’étreinte de sa main, tout s’efface en un clin d’œil...
La finale de l'histoire dans Lovian Partie 5
Lise Anne
Tags : Roman Fiction
Catégorie :
Poésie
Lovian ( Partie 3 )
26/10/2009
La Septième vie de Lovian
Partie 3
Cette fois, Marianne est vraiment troublée et se demande sérieusement pourquoi personne ne vient à son secours, afin de la délivrer de ce qui lui semble être les signes précurseurs d’un enlèvement.
Balayant les lieux du regard, elle constate un fait biscornu : plus personne ne bouge, pas un son ne se fait entendre. C’est comme si, tout à coup, les grandes aiguilles dorées du temps demeuraient figées dans le néant. Voilà son cœur qui bat la chamade :
« Mais, je rêve ou quoi? » laisse-elle glisser entre ses dents.
La jeune femme se tourne vers l’étrange personnage qui lui tient toujours le bras mais avec délicatesse cette fois, desserrant l’étau formé par sa dominante main :
« Alors vous êtes vraiment un…ange, » questionne Marianne les yeux remplis de questions sans dénouement. Pour seule réplique, son interlocuteur lui adresse un grand sourire :
« Alors c’est ça » continue-t-elle sur une même lancée, « je suis morte et vous êtes là pour me guider dans l’au-delà? Vous êtes…vous êtes… »
« Non! Non! Ce n’est pas ta dernière heure, pas encore. Puis, enveloppant la main de Marianne dans la sienne, le divin gardien du temps l’invite à le suivre :
« Suis moi, nous avons un rendez-vous de la plus haute importance à respecter. Ce n’est qu’une question de minutes maintenant. »
Subjuguée, elle acquiesce, hésitante un peu, à la demande de ce drôle de héros. Après tout ce qu’elle vient de vivre, elle se dit qu’elle n’a plus rien à perdre, sinon la raison, si ce n’est déjà fait. Et puis, si c’est un rêve, elle espère se réveiller sous peu.
Sans mots dire, l’ange déposa sa main droite sur les yeux ébahis de Marianne. Un éclair à la fois très lumineux et merveilleusement exquis, illumine toute la place. Un peu de vertige et voilà Marianne qui perd tous ses repères. Au moment où elle ouvre les yeux à nouveau, elle sursaute, abasourdie :
« Mais, c’est mon auto! Vous m’avez ramenez à mon véhicule en marche. Et nous sommes…en arrêt devant un feu de circulation rouge! Tout ceci est complètement débile! »
Croyant à l’hypothèse d’un songe mal contrôlé, la dame se ressaisi et décide de jouer le jeu. Rien de fâcheux ne lui arrivera, puisqu’à son avis, tout ceci n’est pas réel!
Ayant pris place sur le siège avant du passager, Amiel regarde tout autour et calcule inlassablement les secondes qui coulent. Puis, se tournant vers Marianne, l’ange lui donne une dernière consigne :
« Au moment précis où je te l’indiquerai, il faudra que tu libères le volant et que tu me regardes droit dans les yeux. »
Tout ce que tu veux mon ange! Tes désirs sont des ordres, » poursuit Marianne d’un air moqueur, engourdie par une folie légère.
Le moteur du véhicule s’emballe mystérieusement et l’automobile file à grande vitesse sur l’artère principale étonnamment peu achalandée de la ville. Angoissée, Marianne appuie sur les freins mais rien n’y fait. Le véhicule poursuit sa course contre la montre ou contre la mort. Qui sait?
Amiel sourit à pleines dents. « Enfin, le voilà, » s’exclame-t-il, heureux
Le son strident d’une ambulance retentit brusquement. Vérifiant dans son rétroviseur, elle n’aperçoit aucune trace du véhicule prioritaire jusqu’à ce que ce dernier surgisse de nulle part et emprunte la même voie qu’elle mais en sens inverse. La collision frontale est inévitable. Elle appuie encore sur les freins mais sans résultat :
« Amiel, si tu es vraiment un ange, fait quelque chose, supplie la pauvre femme, en larmes.
« Maintenant! Maintenant, Marianne! Regardes-moi! Regardes-moi, » implore l’entité temporelle.
Délaissant le volant qui tourne en tous sens, Marianne tente de se protéger en plaçant ses deux bras devant son visage et attend, résignée, l’accomplissement de sont périlleux destin. A la toute dernière seconde, son regard terrorisé rencontre les yeux bleus d’Amiel qui l’entoure aussitôt de ses grands bras puissants, la protégeant, telle une forteresse.
Elle ressent le choc fatal, se sent paralysée par le bruit effroyable des tôles et du métal qui s’entrechoquent et se déchirent. Le sac protecteur explose au même instant où les éclats de verre envahissent l’habitacle de l’auto qui grince et se tord dans un tourbillon de poussières, de cris et d’émanations d’essence.
Quelques secondes encore s’écoulent avant que ne s’installent finalement un silence frigorifiant, et sa perte de conscience. Aux commissures de ses lèvres s’évanouit un seul mot : « Pour…Pourquoi? »
Un accident tel que celui là attire les badauds qui se rassemblent et commentent autour des carcasses de fer déchiquetées et parmi eux, se tient Amiel qui surveille la suite des évènements.
Chuchotant une réflexion personnelle au moment où les ambulanciers transportent rapidement le corps inconscient de Marianne vers le Centre hospitalier le plus près, il conclut cette affaire comme achevée :
« Tout est réalisé. Mission accomplie…
A suivre dans Lovian Partie 4
Lise Anne
Tags : Roman fiction
Catégorie :
Poésie