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Coeur de Cristal | Bloguez.com

 Lovian (Partie 4)

26/10/2009

La Septième vie de Lovian

Partie 4

« Madame Joleen, êtes vous avec nous? »

 

Marianne gémit un peu et mâchonne une réplique  imperceptible.

 

« Elle se réveille, » dit une infirmière. « Appelez Gil et dites-lui qu’elle est revenue dans le monde des vivants! »

 

Une délicieuse odeur de café eut raison de la somnolence de Marianne qui ouvrit sur le champ les yeux, en reconnaissant le parfum exquis de la caféine. Un regard à gauche lui dévoile un grand mur blanc.

 

Un long  calendrier affichant les douze mois de l’année 2009 y est accroché, sur  lequel est encerclé, en rouge, la date spécifique du sept décembre. Un  autre coup d’œil à droite lui fait découvrir une fenêtre mi-ouverte, par laquelle se faufilent les rayons d’un soleil couchant rouge orangé.

 

Elle pense en elle-même qu’elle vient de faire un horrible cauchemar. Alors qu’elle tente d’analyser cette situation déconcertante, elle sursaute en voyant un homme appuyé dans l’encadrement de la porte :

 

« Bienvenue au Centre Hospitalier Éterna! »  L’inconnu s’approche et lui tend la main, en se présentant :

 

« Mon nom est Gil Lovian et vous l’avez sûrement deviné, d’après mes vêtements, je suis brancardier. Et je suis aussi bénévole pour effectuer les accompagnements à la maison pour Alcool-Zéro! »

 

« Ah, c’est vous qui m’avez transportée jusqu’ici! Merci! »  sourit-elle.

 

« En fait, pour être franc, j’étais au volant de l’ambulance qui a écrabouillé votre auto, » dit  l’ambulancier, un peu gêné. Marianne est estomaquée :

 

« C’était vous? Alors tout ça est réel? Et pas la moindre petite égratignure! Ni sur vous et sur moi»

 

« C’est effectivement  un miracle de constater que vous n’avez rien également! Y a un ange qui vous protège,  sûrement!  Mais voici, pour me faire pardonner cette maladresse, je vous offre un porte bonheur.

 

Je le garde sur moi depuis le jour où l’on m’a retrouvé devant cet hôpital, bien emmailloté dans un panier d’osier. Cette parure était à mon cou…un souvenir d’un parent éloigné, je suppose, ou bien de ma mère qui m’a abandonné et que je n’ai jamais connue.»

 

Gil sorti de la poche intérieure de sa veste une chaînette en or au bout de laquelle se balançait un ornement en verre dont la forme rappelle bizarrement le chiffre huit inversé.

 

« Prenez-le, il est à vous maintenant. J’en ai plus besoin car ma véritable chance, aujourd’hui, c’est que vous ayez survécu à cet accident que j’ai causé, absolument contre ma volonté. C’est curieux mais, j’ai l’impression de vous connaître! » insiste Gil en souriant.

 

 « Je…Je ne sais pas! »  hésite Marianne.

 

« Le travail m’appelle! Gardez ce bijou près de votre cœur, je suis certain qu’il vous portera bonheur! Qui sait, nous nous reverrons un jour, peut-être. »

Marianne éclate en sanglot en tenant fermement ce curieux ornement aux formes insolites :

 

« Mais pourquoi ai-je autant de chagrin tout à coup? » s’inquiète-t-elle en posant les deux mains sur son cœur.

 

« Moi, je connais la réponse! » propose une voix qui lui est familière. Devant le lit, se tient, droit comme un chêne, la divinité mystérieuse qui lui a fait expérimenter la pire journée de toute sa vie.

 

« Amiel ? Ah! Toi…toi…je…je…» balbutie-t-elle en le pointant orageusement du doigts.

 

Je comprends, l’heure est aux explications! » taquine l’ange sur un ton espiègle. « D’accord, tu as droit de savoir et comprendre. Donnes moi ta main et fermes les yeux »

 

Sans dire un mot, Marianne tend alors ses doigts en fermant les yeux.  Amiel étrangle une envie folle de rire et, tenant la main offerte, lui transmet par la pensée des images d’une époque passée.

 

Des tableaux vivants et imagés, angoissent et inondent l’esprit de Marianne qui visualise la chute de Guillaume au pied d’une pente escarpée, l’assurant d’une mort certaine. Elle devient témoin du vol du Sceau Éternel et de son pouvoir, la mort de Lovian, sa rencontre avec Amiel et le plus terrifiant, l’accident qui a bouleversé sa vie.

 

Lorsque l’ange desserre l’étreinte de sa main, tout s’efface en un clin d’œil...

 

 

La finale de l'histoire dans Lovian Partie 5

 

Lise Anne

 

 

Tags : Roman Fiction

Catégorie : Poésie

 Lovian ( Partie 3 )

26/10/2009

La Septième vie de Lovian

Partie 3

Cette fois, Marianne est vraiment troublée et se demande sérieusement pourquoi personne ne vient à son secours, afin de la délivrer de ce qui lui semble être les signes précurseurs d’un enlèvement.

 

Balayant  les lieux du regard, elle constate un fait biscornu : plus personne ne bouge, pas un son ne se fait entendre. C’est comme si, tout à coup, les grandes aiguilles dorées du temps demeuraient  figées dans le néant.  Voilà son cœur qui bat la chamade :

 

 « Mais, je rêve ou quoi? » laisse-elle glisser entre ses dents.

 

La jeune femme se tourne vers l’étrange personnage qui lui tient toujours le bras mais avec délicatesse cette fois, desserrant  l’étau formé par sa dominante main :

 

« Alors vous êtes vraiment un…ange, » questionne Marianne les yeux remplis de questions sans dénouement.  Pour seule réplique, son  interlocuteur lui adresse un grand sourire :

 

« Alors c’est ça » continue-t-elle sur une même lancée, « je suis morte et vous êtes là pour  me guider dans l’au-delà?  Vous êtes…vous êtes… »

 

« Non! Non! Ce n’est pas ta dernière heure, pas encore. Puis, enveloppant la main de Marianne dans la sienne,  le divin gardien du temps l’invite à le suivre :

 

« Suis moi, nous avons un rendez-vous de la plus haute importance  à respecter. Ce n’est qu’une question de minutes maintenant. »

 

Subjuguée, elle acquiesce, hésitante un peu, à la demande de  ce drôle de héros.  Après tout ce qu’elle vient de vivre, elle se dit qu’elle n’a plus rien à perdre, sinon la raison, si ce n’est déjà fait. Et puis, si c’est un rêve, elle espère se réveiller sous peu.

 

Sans  mots dire, l’ange déposa sa main droite sur les yeux ébahis de Marianne. Un éclair à la fois très lumineux et merveilleusement exquis, illumine toute la place. Un peu de vertige  et  voilà Marianne qui perd tous ses repères.  Au moment où elle ouvre les yeux à nouveau, elle sursaute, abasourdie :

 

«  Mais, c’est mon auto! Vous m’avez ramenez à mon véhicule en marche. Et nous sommes…en arrêt devant un feu de circulation  rouge! Tout ceci est complètement débile! »

 

Croyant à l’hypothèse d’un songe mal contrôlé, la dame se ressaisi et décide de jouer le jeu. Rien de fâcheux ne lui arrivera, puisqu’à son avis, tout ceci n’est pas réel!

 

 Ayant pris place sur le siège avant du passager, Amiel regarde tout autour et calcule inlassablement les secondes qui coulent. Puis, se tournant vers  Marianne, l’ange lui donne une dernière consigne :

 

« Au moment précis où je te l’indiquerai, il faudra que tu  libères le volant et que tu me regardes  droit dans les yeux. »

 

Tout ce que tu veux mon ange! Tes désirs sont des ordres, » poursuit Marianne d’un air moqueur, engourdie par une folie légère.

 

Le moteur du véhicule s’emballe mystérieusement et l’automobile file à grande vitesse sur l’artère principale étonnamment peu achalandée  de la ville.  Angoissée, Marianne appuie sur les freins mais rien n’y fait.  Le véhicule poursuit sa course contre la montre ou contre  la mort. Qui sait?

 

Amiel sourit à pleines dents. « Enfin, le voilà, » s’exclame-t-il, heureux

 

Le son strident d’une ambulance retentit  brusquement. Vérifiant dans son rétroviseur, elle n’aperçoit aucune trace du véhicule prioritaire jusqu’à ce que ce dernier surgisse de nulle part et emprunte la même voie qu’elle mais en sens inverse. La collision frontale est inévitable. Elle appuie encore sur les freins mais sans résultat :

 

« Amiel, si tu es vraiment un ange, fait quelque chose, supplie la pauvre femme, en larmes.

 

« Maintenant! Maintenant, Marianne! Regardes-moi! Regardes-moi, » implore l’entité  temporelle.

 

Délaissant le volant qui tourne en tous sens, Marianne tente de se protéger en plaçant ses deux bras devant son visage et attend, résignée, l’accomplissement de sont périlleux destin. A la toute dernière seconde, son regard terrorisé rencontre les yeux bleus d’Amiel qui l’entoure aussitôt de ses grands bras puissants, la protégeant, telle une forteresse.

 

Elle ressent  le choc fatal,  se sent paralysée par le bruit effroyable des tôles et du métal qui s’entrechoquent et se déchirent. Le sac protecteur explose au même instant où  les éclats de verre envahissent l’habitacle de l’auto qui  grince  et se tord dans un tourbillon de poussières, de cris et d’émanations d’essence.

 

Quelques secondes encore s’écoulent   avant que ne s’installent finalement un  silence frigorifiant, et sa perte de conscience. Aux commissures de  ses lèvres s’évanouit un seul mot : « Pour…Pourquoi? »

 

Un accident tel que celui là attire les badauds qui se rassemblent et commentent  autour des carcasses de fer déchiquetées et parmi eux, se tient Amiel qui surveille la suite des évènements.

 

Chuchotant  une réflexion personnelle au moment où les ambulanciers transportent rapidement le corps inconscient de Marianne vers le Centre hospitalier le plus près, il conclut cette affaire comme achevée :  

 

« Tout est réalisé.  Mission accomplie…

 

 

A suivre dans  Lovian Partie 4

 

Lise Anne

Tags : Roman fiction

Catégorie : Poésie

 Lovian Partie 2

26/10/2009

La Septième vie de Lovian

Partie 2

« Décidément, je m’améliore de siècle en siècle, »  marmonne Amiel en ajustant sa cravate  opaline et  bleutée.  Se mirant dans la vitrine d’un magasin sportif, il constate l’effet très contradictoire, mais fascinant, de ses vêtements d’une sublime blancheur avec son opulente chevelure noire, irisée d’éclats couleur de sodalite :

 

« Combien de temps encore devrai-je conserver  cette crinière ténébreuse, » interroge Amiel, mâchant dubitativement cette réflexion.

 

En humant une bonne odeur de café, il sourit devinant incontestablement qu’elle est là comme à chaque samedi, cette âme qu’il recherche.  Oui elle est là, tout près. C’est maintenant ou jamais…

 

Depuis  deux heures, Marianne piétine, seule parmi la foule, le sol rigide des magasins à grandes surfaces. Soudain, en levant ses grands yeux fatigués,  elle aperçoit son bistrot favori. L’idée de savourer un délectable café chocolaté la séduit immédiatement. 

 

Déposant ses trois énormes paquets encombrants sur la confortable banquette rouge et blanc du populaire restaurant, elle se laisse choir tout près d’eux,  comme un volumineux sac de sable. Debbie, qui sert un nouveau venu à une table voisine, aperçoit le spectacle cocasse et sourit. S’approchant de sa fidèle cliente, elle  tente de la distraire de sa petite misère :

 

« Dure journée pour écumer les boutiques? »

 

Marianne acquiesce en souriant largement. Déposant son téléphone cellulaire sur la table, elle commande aussitôt, en suppliant presque, un café double chocolat avec crème fouettée et cerises marasquins. La place est bondée et les voix animées se mêlent aux éclats de rire. Difficile de déterminer la substance de chaque conversation tellement le bourdonnement se fait envahissant. Mais cette cacophonie de vocables, valsant tout autour, ne la dérange pas. Elle pense à retrouver le confort de son sofa où l’attend patiemment Mayo, son chat siamois.

 

« Cette place est prise? » demande une voix masculine et pausée.

 

Regardant un moment l’étranger debout devant elle, Marianne ressent une anormale impression, créé par cette voix surnaturelle. Le géant aux cheveux d’ébène la regarde, immuable, avec son magnifique regard  bleu cobalt. Le bel inconnu s’assoit devant elle et lui lance d’un seul trait :

 

« Je suis Amiel, simplement, Amiel.» Pour toi, demain n’est pas écrit dans le Grand Livre Sacré… répond l’envoyé du ciel.

 

Estomaqué par l’hardiesse parfumée d’arrogance de l’homme insolite, Marianne ose à peine prononcer une seule parole. Pendant que le séduisant noiraud prend une gorgée de son chocolat chaud

 

« Comment connaissez-vous mon nom? demande fermement Marianne.

 

« Ce n’est pas la bonne question, ma belle âme. Ne crains rien,  je suis un ange. Et je suis responsable de l’équilibre de l’univers. Mais il ne faut le dire à personne. Gardes ce secret sous ta langue »  continue-t-il en se penchant vers la femme complètement désarçonnée.

 

Affolée, elle enfile discrètement ses souliers bleus et agrippe tout aussi subtilement les poignées de ses trois sacs qui reposent près d’elle. Avec désinvolture, masquant une panique intérieure quasi incontrôlable, elle se lève rapidement en riant nerveusement et mastiquant malhabilement quelques plates excuses. Ses explications puériles s’étouffent dans un souffle de stupeur.

 

 Elle sent une main douce mais puissante emprisonner son bras. Amiel la regarde avec douceur  mais des éclairs brillent dans ses yeux.

 

« Non, restes! C’est une question de vie et d’équilibre. Je ne plaisante pas. Restes avec moi…Toute résistance est maintenant futile et irraisonnable. »

 

A suivre dans : Lovian (Partie 3)

Lise Anne

 

 

 

 

Tags : Roman fiction

Catégorie : Poésie
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